Virage - Volume 10

Volume 10 Numéro 4 - Été 2005

LE PERFECTIONNISME NUIT À LA SANTÉ MENTALE

Source: Tiré du site Internet Psychomédia.[En ligne] http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&file=article&sid=3612 (Page consultée le 24 mai 2005)

 

Selon les chercheurs canadiens en psychologie Paul Hewitt et Gordon Flett, la personnalité est la clé de plusieurs problèmes de santé découlant du stress. Le perfectionnisme est l'un des traits de personnalité qui rend moins apte à composer avec le stress et rend très vulnérable.

En plus de 20 ans de recherche, ces chercheurs ont observé que les perfectionnistes sont sous un stress constant qui les rend sujets à des problèmes émotionnels, physiques et relationnels incluant la dépression, les troubles alimentaires, le syndrome de douleur chronique, les conflits conjugaux et même le suicide. Dans diverses recherches, le perfectionnisme s'est avéré être en corrélation avec ces problèmes, c'est-à-dire que plus le perfectionnisme était présent, plus ces problèmes se manifestaient.

Le perfectionnisme est le besoin d'être, ou de sembler, parfait. Les perfectionnistes sont persévérants, minutieux et organisés. Ils entretiennent non seulement des normes irréalistes mais ont tendance à se juger et juger leur entourage comme échouant à les atteindre.

Avoir des normes élevées ne suffit pas en soi à définir le perfectionnisme. Quelqu'un peut vouloir exceller dans un domaine sans vouloir être parfait et sans vivre le stress et la détresse souvent vécus par les perfectionnistes. Des normes élevées peuvent être adaptatives dans certains contextes et certaines conditions.

Le perfectionnisme n'est pas officiellement reconnu comme un trouble psychiatrique. Cependant, selon Gordon, les formes extrêmes de perfectionnisme peuvent être considérés comme une maladie similaire à la personnalité narcissique, obsessionnelle compulsive et/ou dépendante en raison de ses liens avec la détresse et la dysfonction.

Types de perfectionnisme

Le perfectionnisme se présente sous différentes formes, chacune associée à différents types de problèmes. Certains de ces problèmes peuvent être moins sévères que d'autres mais aucune forme de perfectionnisme n'est complètement sans problèmes selon les chercheurs.

Ils identifient trois types de perfectionnisme: celui orienté vers soi qui consiste à se demander à soi-même la perfection; celui orienté vers les autres qui consiste à demander la perfection aux autres; et celui prescrit socialement qui consiste à croire que les autres attendent la perfection de soi et qu'on va être valorisé à la seule condition d'être parfait. Chez une même personne, on retrouve souvent une combinaison de ces trois formes.

Le perfectionnisme prescrit socialement est particulièrement relié à la dépression et d'autres problèmes incluant le suicide. Probablement, croient les chercheurs, parce que le perfectionnisme prescrit socialement a un élément de pression combiné avec un sentiment d'impuissance. Dans ce type de perfectionnisme, les gens ont tendance à avoir la croyance «plus je performe, plus on attend de moi».

Il y a aussi des problèmes évidents avec le perfectionnisme orienté vers les autres qui peut être particulièrement dommageable pour les relations intimes. Si vous exigez la perfection de votre conjoint(e) et que vous critiquez, vous pouvez être assuré(e) qu'il va y avoir des problèmes relationnels, commente Hewitt.

Pour le perfectionnisme orienté vers soi, le tableau est moins clair. Certaines recherches ont démontré une corrélation avec des problèmes de santé mentale, particulièrement l'anorexie. D'autres études n'ont cependant trouvé aucune corrélation.

Hewitt et Flett suggèrent que ce serait parce que le perfectionnisme orienté vers soi, serait un facteur de risque ou de vulnérabilité et non une pathologie en soi. Les perfectionnistes orientés vers soi, fonctionnent bien dans des situations à faible stress, argumentent-ils, mais ils sont plus à risque de devenir déprimés, anxieux ou suicidaires si les choses vont mal. Ainsi selon eux, ce type de perfectionnisme, que certains considèrent adaptatif car il conduit à la performance, s'avère néfaste quand les gens font face aux stress de la vie.

Une récente recherche rapportée dans le Journal of Counseling Psychology (Vol. 50, No. 3) supporte cette hypothèse du perfectionnisme orienté vers soi comme étant un facteur de risque seulement. Cette recherche montre que la détresse d'étudiants de niveau collégial peut être prédite par l'interaction entre perfectionnisme et évitement (composer avec les problèmes en les évitant) mais n'est pas associée au perfectionnisme seul ou à l'évitement seul. Les perfectionnistes qui ont des stratégies positives pour faire face aux problèmes n'étaient pas plus déprimés que la moyenne des étudiants. Ce qui supporte l'idée que ce type de perfectionnisme interagit avec d'autres traits de personnalité pour conduire à la psychopathologie.

Image de la perfection

Le désir de se présenter comme parfait a aussi des conséquences importantes pour la santé mentale. Certains ont plus tendance à vanter leur propre perfection (ce qui est souvent très irritant pour l'entourage), d'autres ont plus tendance à éviter les situations dans lesquelles ils peuvent apparaître imparfaits, enfin ils ont souvent tendance à garder leurs problèmes pour eux, évitant de révéler les situations dans lesquelles ils pensent apparaître imparfaits.

Difficulté de changer

Il est difficile selon Hewitt de poursuivre une psychothérapie avec les perfectionnistes, car cela leur demande de faire ce qu'ils essaient de ne pas faire, considérer qu'ils ne sont pas parfaits. Il est souvent difficile de changer aussi parce que les mêmes comportements qui peuvent être nuisibles pour la santé apportent aussi de grandes récompenses car ils peuvent conduire à des accomplissements dans la vie et au travail.

Origine du perfectionnisme

Le perfectionnisme se développe habituellement dans l'enfance et peut être un mode d'être qui dure toute la vie. Une recherche de Gordon par exemple montre que des enfants perfectionnistes de quatre et cinq ans réagissent avec une certaine détresse (anxiété et colère) devant l'échec à une tâche.

Souvent, ce trait de personnalité vient du fait d'avoir eu un parent perfectionniste avec des attentes élevées pour soi-même et pour les autres. Pour les jeunes d'aujourd'hui, l'influence culturelle est importante. Nous sommes bombardés d'images de personnes idéales que ce soit au niveau de l'apparence ou au niveau des comportements.

Êtes-vous perfectionniste?

Source: Tiré du site Internet Psychomédia.[En ligne] http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&file=article&sid=3613 (Page consultée le 24 mai 2005)

Voici une liste de signes révélateurs selon Gordon Flett, un psychologue de l'Université de Toronto qui se spécialise dans l'étude du perfectionnisme:

Vous ne pouvez arrêter de penser à une erreur que vous avez faite.

Vous êtes très compétitif et ne pouvez tolérer de faire moins bien que d'autres.

Vous voulez faire les choses très bien ou pas du tout.

Vous demandez la perfection aux autres.

Vous ne demandez pas d'aide si cette demande peut être perçue comme une lacune ou une faiblesse.

Vous persistez à une tâche longtemps après que les autres aient quitté.

Vous vous faites un devoir de corriger les gens quand ils se trompent.

Vous êtes grandement conscient des demandes et des attentes des autres.

Vous êtes très soucieux de ne pas faire de fautes devant des gens.

Vous remarquez les erreurs partout.

 

 

APPRENDRE À DEVENIR UN BON COMPAGNON POUR SOI-MÊME

Source: FORTIN, Janine. Tiré de Vivre, Volume 2 Numéro 2, octobre-novembre 2002.

 

Nous sommes nés dans une culture qui nous a appris que l'autre est plus important que nous.

Nous donner de l'importance est trop souvent synonyme d’égoïsme. On entend alors des paroles culpabilisantes: «On sait bien toi. tu ne penses qu'à toi...».

Être un bon compagnon pour soi

«Mieux vaut un égoïsme bienveillant qu'une générosité piégée», me disait un ami. L'estime de soi, c'est la conscience de la valeur personnelle que je me reconnais dans différents domaines. Les gens qui s'aiment bien ont la capacité de s'engager. Ils sont plus ouverts, capables de confronter et d'être confrontés, plus créatifs, expressifs et courageux. Ils aiment prendre des risques et expérimenter la différence.

De nombreuses recherches établissent que l'estime de soi aide à prévenir les comportements non désirés et non désirables, les difficultés d'apprentissage, et qu'elle protège de la dépression et des idées suicidaires.

Une enquête récente réalisée par l'institut de la Statistique du Québec sur la santé mentale et l'adaptation sociale des adolescents et des adolescentes québécois indique un taux inquiétant de détresse psychologique (nervosité, stress, colère), d'idées suicidaires sérieuses, de violences subies (par les filles) et infligées (par les garçons). Bien que plusieurs personnes estiment que c'est aux parents à stimuler l'enfant dans la perception de sa valeur personnelle, l'école n'aurait-elle pas un rôle à jouer?

Relations de qualité

Ce n'est pas d’aimer l'autre qui est le plus beau cadeau que nous puissions lui offrir, mais de lui permettre de s'aimer lui-même par la qualité des relations que nous lui proposons. L'origine de l'estime de soi se retrouve dans la qualité des relations que nous avons eues dans notre vie. Quelles relations proposons-nous à nos enfants?

Le processus de conscientisation constitue un aspect important dans l'estime de soi. Il ne suffit pas de faire preuve de grandes qualités, de compétence ou de talent pour avoir une bonne estime de soi, il faut de plus en être conscient. L'adulte (le parent, l'enseignant) en nommant les gestes positifs ou les succès de l'enfant et en faisant en sorte qu'il en garde le souvenir permet à l'enfant de se construire.

Besoin de se dire

Cinq grands besoins relationnels guident le développement individuel. La capacité que nous avons de les combler détermine la qualité de notre estime personnelle. Le premier besoin est celui de «se dire». Les mots nous relient au monde et nous libèrent. «Se dire» avec ses propres mots permet de se réapproprier sa parole afin de la faire sienne. Catherine Enjolet dans son livre En danger de silence parle du lien entre les taux de suicide chez les jeunes et le silence des mots.

Besoin d'être entendu

«Être entendu» est le second besoin. «Je tente de dire que j'ai vécu une violence de la part de mon petit ami et on me dit que cela n'est pas grave...» L'enfant ne se sent pas entendu!

La confirmation est un outil fabuleux qui amène l'enfant dans la satisfaction de son besoin fondamental d'être entendu et d’être reconnu dans sa différence et son unicité. La confirmation commence par un «Oui ....». Ceci permet à l'enfant de s'entendre, de prendre conscience de son propre regard et de se responsabiliser.

Les questions posées sont souvent une façade. Derrière les questions, l'enfant cherche à mieux s'entendre. En pratiquant la confirmation «Oui, j'entends que... peux-tu m'en dire plus?», nous ouvrons la porte à plus d'échanges.

Besoin d'être reconnu pour qui je suis

Être reconnu pour qui je suis est le troisième besoin relationnel. Même si nous avons reçu beaucoup d'amour, nous avons souvent été reconnus pour ce que nous faisions et non pour qui nous étions. De plus, si nous étions bons à l'école, la réussite nous amenait la reconnaissance mais aussi la perte du droit à l'erreur.

Et si nous étions un élève en difficulté ou peu doué pour les matières scolaires, le système en place ne valorisait pas suffisamment les autres domaines de compétences extra-scolaires.

La confiance d'un enseignant dans le potentiel de l'enfant peut transformer un élève dans la perception de sa valeur.

Besoin d'être valorisé pour ce que je fais

Pourquoi ne pas valoriser la production, quelle qu'elle soit? Apprendre à ne pas seulement souligner les erreurs, mais faire ressortir et mettre en évidence les réussites. À l'école, avec un crayon bleu, on pourrait encadrer les mots corrects que l'enfant a écrits et utiliser le crayon rouge pour pointer les erreurs, de façon à attirer l'attention sur les ajustements qu'il appartiendra à l'enfant de faire? Pourquoi ne pas parler «d'erreur» ou de «différence» plutôt que de «faute»

Il est normal de faire des erreurs, c'est d'ailleurs une belle opportunité de faire des apprentissages.

Besoin d'influencer

Le sentiment d'exercer une influence sur notre environnement, de savoir que notre point de vue a de la valeur, est également un besoin relationnel. Permettre à l'enfant de se dire et d'être entendu dans les situations où il est impliqué, l'autoriser (le rendre auteur) à prendre sa place et à influencer les décisions prises. Utiliser l'écharpe relationnelle pour illustrer que dans une relation à trois parties (toi, moi et la relation) nous sommes responsables chacun à notre bout de ce que nous transmettons, mais aussi et surtout de ce que nous acceptons de conserver.

Apprendre à mieux gérer la relation avec autrui

Voici quelques règles d'hygiène relationnelle qui, appliquées au quotidien, favorisent l'augmentation de l'estime de soi chez nos enfants.

Elles pourraient être présentées, visualisées avec l'écharpe relationnelle et mises en application dans la gestion des relations à l'école:

• prendre le risque de parler de moi à l'autre

• ne plus laisser l'autre parler sur moi

• ne plus me laisser polluer par les messages qui ne sont pas bons pour moi, car ces messages blessent la vie, diminuent l'énergie, diminuent l'amour de moi

• accueillir les messages cadeaux car ces derniers agrandissent la vie, l'énergie et l'amour de moi

VIVRE, C'EST... Prendre le temps d'identifier les qualités de mon enfant.

À chaque fois que l'occasion se présente, je mets en valeur les qualités de mon enfant pour l'aider à renforcer la confiance qu'il a en lui-même

 

 

JE VOUDRAIS QUE TOUT SOIT PARFAIT

Source: SOLANO, Catherine, DR. adapté par C. De Kock, journaliste santé. Tiré du site internet Votre guide santé au quotidien [En ligne]http://www.e-sante.be/magazine/article_5026_994.htm (Page consultée le 2 juin 2005)

 

Pourquoi vouloir que tout soit parfait? Parce qu'on s'imagine facilement que la perfection rend heureux. Ainsi, Francette aimerait que son corps soit aussi beau que celui d'un top modèle: «Elles ont l'air tellement heureuses, tout leur réussit…»

Comme Francette, on peut s'imaginer que cette perfection va entraîner inévitablement le bonheur! Pourtant, c'est faux: ce ne sont pas les gens les plus parfaits qui ont le moins de soucis et le plus de chance, qui sont les plus heureux! Il y a même des personnes ayant vécu beaucoup de malheurs et qui sont plus heureuses que d'autres qui ont toujours eu de la chance!

On peut aussi vouloir être parfait car on pense que ce petit grain de sable dans notre apparence physique nous fait tout rater, ou parce que le défaut de notre caractère nous empêche de réussir. Ou encore, on croit que si notre conjoint était un tout petit peu plus comme ci ou comme ça, la vie serait vraiment belle.

Mais qu'en serait-il vraiment? Est-ce que ce petit grain de sable enraye vraiment la machine du bonheur ou est-ce que, en le chassant, on en trouverait inévitablement un autre ailleurs?

Il vaudrait peut-être mieux accepter l'idée que la perfection n'existe pas, même si l'on a très envie de s'en approcher. Et c'est une juste quête que de rechercher cette perfection. Elle nous indique une bonne direction pour progresser. C'est une juste quête à condition que ce ne soit pas au détriment de la joie de vivre. Si, en progressant, chaque avancée me rend heureux, mon avancée vers la perfection me réjouit. Si, au contraire, à chaque fois que je progresse, j'ai l'impression de ne pas être allé assez loin, si je vois seulement le chemin qui me reste à parcourir, si je m'en trouve déçu, je resterai indéfiniment sur un manque, et je ne ressentirai jamais de contentement intérieur.

Alors, être attiré vers la perfection, la considérer comme une lumière qui vous donne la bonne direction, c'est sain, mais vouloir l'atteindre à tout prix sous peine de se sentir mal, ce serait vraiment une recette pour se rendre malheureux!

 

 

DE BELLES VACANCES AVEC LES PETITS-ENFANTS

Source: SIMONEAU, Jacqueline. Le Bel Âge, juillet-août 2004.

 

Dans quelques jours, Samuel et Clémentine arriveront pour passer une semaine de vacances avec vous. Quelle belle aventure! Voici quelques suggestions pour que ce séjour soit inoubliable pour tous.

Pour les petits-enfants, les grands-parents sont des faiseurs de rêves et de tendresse. Dégagés des responsabilités parentales, papi et mamie peuvent en effet se permettre de les choyer et de jouir pleinement de leur relation avec eux. Inévitablement, cette belle complicité entraîne les confidences, les secrets, les fous rires, les clins d'oeil coquins. Des moments privilégiés que vous voulez faire vôtres durant les vacances. Alors, pas question de rompre l'harmonie avec une discipline de fer. Mais faut-il pour autant les laisser libres de faire tout ce qu'ils veulent?

«Pas du tout, répond la psychologue Marie-Claude Lamarche. C'est important d'établir des balises, même si elles sont plus flexibles que celles de la maison. Si l'on est trop permissif, les enfants deviennent vite incontrôlables. Ils vont abuser non seulement en vacances, mais aussi toutes les fois qu'ils vont nous revoir! Et rassurez-vous ce n'est pas parce qu'on leur donne quelques consignes à respecter qu'ils vont nous aimer moins!»

Marie-Julie avait 4 ans la première fois qu'elle est allée passer une semaine chez ses grands-parents qui, en raison de la distance, la voyaient à peu près une fois par mois. «Nous nous faisions une fête de l'avoir aussi longtemps, se rappelle sa grand-maman Madeleine. Mais nous n'étions pas préparés à une telle tornade! Au début, on n'osait pas intervenir, voulant qu'elle garde de beaux souvenirs de son séjour. Elle en a profité: elle refusait de manger si ce n'était pas son choix, elle sautait sur les divans, elle faisait des caprices pour s'habiller, elle pleurait parce qu'elle ne voulait pas quitter le parc d'amusement... L'enfer!» En désespoir de cause, les grands-parents ont appelé leur fille. Pas pour lui ramener Marie-Julie, mais pour qu'elle leur explique les règlements la maison et les punitions imposées. «On a appliqué les mêmes chez nous, poursuit Madeleine, en expliquant à Marie-Julie que, désormais, ce serait comme chez maman et papa. Quand elle a compris que son manège ne marchait plus, elle s'est assagie. Les trois derniers jours ont été très agréables. En partant, elle nous a donné de grosses bises en disant qu'elle nous aimait très fort...»

«Les grands-parents ne sont pas les parents, fait remarquer Claire Leduc, travailleuse sociale, psychothérapeute conjugale et familiale et auteure du livre Comment transmettre des valeurs essentielles à nos enfants (Éditions Trustar). Ils ne sont pas là pour éduquer leurs petits-enfants, mais pour les gâter et leur donner de l'affection. Mais, en même temps, ils doivent soutenir leurs enfants dans leur rôle parental quand ils ont la garde de leurs petits-enfants en respectant les règles de base fixées par les parents.» Pour que tout se passe bien, il faut donc que parents et grands-parents se rencontrent avant le jour J, expriment clairement leurs attentes, s'entendent sur les règles essentielles à respecter et agissent dans le respect des rôles de chacun. En dérogeant aux demandes des parents, les grands-parents risquent de blesser profondément leurs enfants et de créer des tensions inutiles. Forcément, les parents savent que les grands-parents sont plus souples et, en général, ils acceptent de bon coeur de fermer les yeux le temps des vacances. À petites doses, gâter ses petits-enfants ne porte pas à conséquence; ils reprennent vite le beat de retour à la maison!

Une fois les grandes règles de base établies, le reste est affaire personnelle. «Les grands-parents peuvent avoir leurs propres exigences, assure Danielle Fecto, psychologue. Ils ne doivent surtout pas se censurer sous prétexte que les enfants sont en vacances. S'ils tiennent à une règle (politesse, tenue à table, vocabulaire, etc.), même si elle n'est pas suivie chez les parents, ils doivent en faire part aux enfants. C'est même très bien que ce soit différent. Ainsi, ils apprennent qu'il existe des règlements distincts, des façons différentes de fonctionner, selon l'endroit où ils se trouvent. Cela leur enseigne la flexibilité et le sens de l'adaptation.»

Important également: la constance. Vous permettez à vos petits-enfants de manger devant la télé? D'accord, si c'est la règle chez papi et mamie. Mais ne changez pas la donne tous les deux ou trois jours. C'est le manque de constance dans un même endroit qui est nocif, plutôt que le fait que ce soit différent dans deux endroits.

Comment annoncer nos couleurs?

Doit-on faire part d'emblée aux enfants avant même leur arrivée des règles en vigueur chez grand-maman et grand-papa? «Pas nécessairement, estime Danielle Fecto. En fait, mieux vaut les mentionner au fur et à mesure. D'ailleurs, certains enfants vont d'eux-mêmes continuer à se conformer aux règles parentales sans qu'on ait à les leur rappeler. Si on les leur énumère d'un bloc avant leur séjour, on risque de les rebuter en partant. De toute façon, il faut s'attendre à répéter les consignes plusieurs fois!»

On doit aussi tenir compte de l'âge et du degré de maturité de ses petits-enfants. «Les tout-petits ont besoin de plus de routine et moins de discipline que les ados, souligne la psychologue Jocelyne Bounader. Par exemple, ils doivent faire une sieste et se coucher tôt pour être en forme et de bonne humeur.» Encore là, une bonne discussion avec les parents permet d'éviter les erreurs.

Samuel refuse de ramasser ses affaires qui traînent partout? Clémentine n'arrête pas de tirer les poils de Fido? Donnez-vous le droit de les punir, au besoin. «On se déculpabilise en se disant que l'on fait quelque chose de bon pour l'enfant, rappelle Claire Leduc. II doit apprendre que, dans la vie, il y a des conséquences quand on n'agit pas correctement. C'est important de se faire respecter. Sinon, l'enfant fera vite le lien que, chez grand-maman et grand-papa, il peut faire n'importe quoi et que ce n'est pas grave puisqu'il n'est jamais puni.» Ginette a ainsi résolu les crises de sa petite-fille. «Chaque fois qu'on l'amenait au restaurant, Noémie faisait une scène parce qu'elle ne voulait pas quitter la zone des jeux ou parce qu'elle ne voulait pas attendre que l'on ait terminé avant de commander le dessert, dit-elle. Finalement, on lui a dit: «On va au resto mais, dès que tu cries, on rentre à la maison, même si tu n'as pas fini ton repas.» Elle a fait une crise et... on est partis aussitôt. Même chose la deuxième fois. La troisième fois, elle allait recommencer quand, tout à coup, elle nous a regardés. Elle s'est tout de suite tue. Elle avait compris. Depuis, c'est un plaisir de l'amener manger avec nous.»

Et maintenant, si on s’amusait?

Pour que le plaisir soit au rendez-vous, deux conditions doivent être réunies: avoir envie de s'amuser avec les enfants et savoir respecter ses capacités physiques. Bref, inutile d'inviter vos petits-enfants en vacances si c'est pour passer votre temps à vous demander si vous en faites assez. À ce rythme, vous finirez la semaine complètement vidé et n'apprécierez guère ces moments passés avec eux. «Suivre les enfants dans toutes leurs activités, c'est terriblement épuisant, fait remarquer Danielle Fecto. Sans compter qu'on leur envoie un drôle de message; c'est comme si on leur disait: «Chez nous, vous êtes le centre du monde et nous sommes à votre service.» Ça fait des enfants-rois. C'est important que les jeunes comprennent que leurs grands-parents ont des besoins différents des leurs, dont celui de se reposer de temps à autre! Et les grands-parents n'ont pas à se sentir coupables de le faire. Au contraire. Ils leur apprennent ainsi le respect des besoins des autres et le sens des responsabilités.»

Le secret d'un séjour réussi: une bonne planification journalière qui vous permettra de mieux orchestrer leur temps... et le vôtre. Mais attention!, planifier ne signifie pas qu'à telle heure, tout le monde doit sauter dans la piscine ni qu'à tel moment il faut aller en vélo. Il faut laisser un peu de place à la spontanéité et à la flexibilité!

Une façon de procéder: au déjeuner, concertez-vous sur les activités de la journée. Les jours où vous vous sentez moins fringant, privilégiez le fait de rester à la maison, tout simplement. Prévoyez aussi des moments de détente pendant lesquels les enfants en profiteront pour s'amuser seuls ou à deux. Ne vous en faites pas, ils ont l'habitude. Durant cette période, accordez-leur une certaine liberté; laissez-les libres de faire ce qui les rend heureux dans la mesure, évidemment, où ils sont en sécurité et ne se métamorphosent pas en petites pestes.

Une autre bonne stratégie avec les enfants: leur proposer deux choix de sorties ou d'activités. «D'un côté, on les limite dans ce qu'ils peuvent faire; de l'autre, ils ont l'impression de décider, explique Danielle Fecto. Résultat: tout le monde est content. Ça leur apprend également à prendre des décisions, ce qui n'est pas toujours évident.»

Bonnes vacances et profitez bien de vos petits-enfants!

Des jeux...

Apprentis jardiniers. Initier les enfants aux bases de l'horticulture. Les amener, au début de la semaine, choisir une petite plante qu'ils planteront dans un coin du jardin. Tout au long de la semaine, ils devront s'en occuper et noter dans un cahier les transformations.

Course à obstacles. Placer différents objets sur le gazon: cônes, longues cordes, tunnels, cerceaux, etc. Celui qui fait le parcours le plus rapidement sans faute est le grand gagnant.

Casse-tête familial. Laisser «traîner» un grand casse-tête (pas trop compliqué tout de même) sur une table, dans un coin du salon par exemple. Chacun pourra, au gré de ses humeurs, s'y arrêter pour y placer quelques pièces.

Drôle de pige. À l'insu des joueurs, déposer des accessoires de différentes grosseurs et formes dans un grand sac. Les yeux bandés, ceux-ci doivent piger un objet à la fois, le palper et l'identifier. Rires garantis! Chasse aux trésors. Dissimuler des objets un peu partout sur le terrain (ou dans la maison s'il pleut). Inventer des indices qui mènent aux cachettes. Quand tous les objets sont trouvés, remettre une petite surprise aux enfants.

À la découverte des étoiles. Au cours d'une soirée claire, se rendre dans un parc ou un champ peu éclairé, cherche-étoiles sous le bras, et s'amuser à repérer les étoiles et à identifier les principales constellations. En prime: une visite au Planétarium!

... et des sorties

Pique-nique. Une belle journée, un parc, un panier rempli de victuailles et de quelques gâteries, un ballon et un cerf-volant, et l'on savoure simplement le plaisir d'être ensemble en plein air. Vive les festivals! La foule bigarrée, les hot-dogs grignotés au coin de la rue, l'atmosphère de fête, tout cela contribue à la joie des enfants. Il en existe tout plein à travers la province.

Au zoo. Un classique qui fait toujours son effet.

Balade en vélo. On a le choix des beaux sites: le parc linéaire du P'tit Train du Nord de Saint-Jérôme à Mont-Laurier, la piste cyclable Jacques-Cartier de Valcartier à Rivière-à-Pierre, le tour de l'île d'Orléans, le canal Lachine, les sentiers du mont Orford, et plus encore. On apporte de quoi pique-niquer et, pourquoi pas, on s'offre une nuit tout confort à l'hôtel!

Visiter une ferme. Certaines offrent même le gîte pour une nuit. Pour connaître les fermes membres de la Fédération des Agricotours du Québec: www.agricotours.qc.ca

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