Nathalie Lemay
Adapté de: Le temps qui tue, le temps qui guérit. Dr Fernand Attali, France, Les Éditions du Seuil, 1981.
À lautomne, avec larrivée de la première neige, on se sent souvent déprimé. Un sentiment de lassitude nous envahit. Certains dentre nous deviennent angoissés. Au moment où les jours raccourcissent, tentons dy voir plus clair.
Pourquoi quand le soleil brille, avons-nous moins de difficulté à sauter hors du lit et que, lorsquil pleut préférons-nous retourner sous nos draps? Pourtant nos problèmes quotidiens sont les mêmes, cest notre façon de les aborder qui est différente. Jusquà quel point pouvons nous affirmer que la température a un effet sur le comportement humain? Des scientifiques attribuent cette modification de lactivité humaine aux variations saisonnières. Avec le changement des saisons, certaines hormones subiraient une augmentation de leurs sécrétions qui pourraient être liée à la température, à la lumière et surtout à lintensité des ultraviolets. Pour lhomme comme pour lanimal, nous pouvons penser quil y a une saison des amours car les hormones sexuelles des deux sexes sont plus importantes à cette période.
On note également que lactivité de la glande thyroïde est accrue durant la période hivernale ainsi que celle des capsules surrénales. Lhypersécrétion de ces deux glandes amène tonicité et vivacité, ce qui expliquerait pourquoi par temps frais et vif nous pouvons effectuer un meilleur travail physique et intellectuel tandis que lété nous avons tendance à fournir un rendement inférieur.
Indépendamment des effets scientifiques de la température sur notre corps, nous pouvons constater que nous sommes grandement influencés par celle-ci au fil de nos activités quotidiennes. Nous navons quà penser aux nombreux désagréments que la variation de la température provoque dans nos vies et que nous ressentons souvent de façon inconsciente.
Chez certains sujets particulièrement météorosensibles, linsomnie peut être provoquée par lapproche dun orage ou par une nuit de chaleur humide.
Combien de fois entendons-nous dire: «Mon rhumatisme me fait souffrir, il ne fera sûrement pas beau demain!»
Pour continuer à vivre quotidiennement de façon agréable, lêtre humain devra apprendre à sadapter à la nature et à lapprivoiser.
Puisque nous ne pouvons arrêter la neige de tomber, ni le vent de souffler, ne vaudrait-il pas mieux devenir amis de la nature?
Virage, Volume 1 Numéro 1, Automne 1995
L'Association canadienne pour la santé mentale - Chaudière-Appalaches
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