Source: Simone Piuze, revue Le Bel Âge-février 1994.
Quand on cultive lart de sinventer de petites joies, chaque jour est différent de la veille. Et la vie a tout à coup plus de piquant. Limagination, parfois, na que les limites quon lui impose!
Un oiseau quon observe en train de picorer, un brin de jasette avec une jeune mère et son petit, les photos des dernières vacances que lon colle dans un album tout neuf... De tels petits bonheurs sont à notre portée. Car embellir son quotidien ne coûte pas cher! À nous de créer des instants magiques et de les répéter quand bon nous semble!
«Lêtre humain a besoin de diversité et de surprises pour rompre la monotonie du quotidien» , dit René, 60 ans, le cheveu blanc abondant et la démarche alerte. Directeur dune importante association philanthropique, René a de nombreuses occupations. Où puise-t-il son énergie? Dans les petits bonheurs de son quotidien, tout simplement.
«En fait, explique René, jai besoin depuis quelques années dune certaine routine de la vie - lever et coucher tôt, sieste, repas réguliers - pour assurer mon équilibre physiologique. Mais jai aussi besoin de diversité et de nouveauté pour me maintenir dans un climat de joie.»
René prend un réel plaisir à préparer de temps à autre le souper pour sa femme et lui. «Quand je minstalle aux casseroles, je mamuse comme un fou et joublie, du coup, mes préoccupations!» Il y a autre chose que René aime bien faire la fin de semaine: suivre des yeux les geais bleus qui viennent nicher près de son chalet. «Quand je les observe, le temps sarrête. Je vis linstant»
De son côté, Suzanne, septuagénaire au rire en cascades, dit puiser une partie de sa joie de vivre dans ses rencontres amicales. Le prétexte? Le bridge. «Jai suivi des cours et aujourdhui je joue avec mes amies deux fois la semaine, raconte-t-elle. Tout ce qui compte alors: la merveilleuse complicité qui nous lie, bien au-delà du bridge!» La marche en compagnie de son époux représente également pour Suzanne un petit bonheur quelle soffre tous les soirs, après le souper. «La paix, la grande paix! , sexclame-t-elle. Et la pleine lune, pour moi, cest lapothéose! À la contempler, je me sens remplie dénergie!»
Si les lundis riment souvent avec «déprime», il nen est rien pour Suzanne: «Quand je pense à tous ceux qui doi-vent, ce jour-là, se lancer dans le travail, je me réjouis de mon sort: mon temps mappartient et jen profite! Lorsque javais six enfants à élever, je ne pouvais pas flâner en robe de chambre à lire les journaux. Aujourdhui, je me reprends.»
Denis fait, lui, un autre usage des journaux. Il découpe les articles quil trouve intéressants, puis les colle dans des albums quil feuillette toujours avec bonheur. Quelquefois, cest à son fils qui étudie à létranger que Denis fait plaisir: il recueille pour lui dans les journaux les informations qui se rapportent au Québec. «La nostalgie de chez soi, cest quelque chose quand on vit ailleurs», explique ce tendre père.
Dautres choisissent plutôt daller chaque jour à la bibliothèque municipale lire les journaux du matin. Une activité qui ne leur coûte pas un sou! Elle leur fournit en plus loccasion de rencontrer dautres lecteurs dont certains deviennent peu à peu de bons copains.
Depuis quil est à la semi-retraite, Denis voit changer la couleur de ses jours: «La nature me comble comme jamais elle ne la fait auparavant. Je vis une sorte de retour aux sources: jai délaissé un peu les voyages à lextérieur du pays, pour rechercher des petits coins de chez nous. Jai ainsi découvert des merveilles, et tout près de chez moi.»
De ces merveilles, on en trouve aussi en ville. Découvrir un joli point de vue, un quartier sympathique, un coin de parc, cest laffaire, parfois, dune simple promenade. Bonne pour la formeet bonne pour le moral!
Denis, homme pondéré qui fait de plus en plus de place aux impulsions du moment, ajoute: «Il faut aussi savoir visiter à limproviste ceux quon aime. Pourquoi attendre une invitation formelle? Un coup de téléphone pour sannoncer, et le tour est joué. On se fait plaisir en faisant une surprise aux autres. Moi, jaime les surprises: ça brise la monotonie du quotidien.»
Vous aimez la fête? René, Suzanne et Denis ont décidé, eux, de fêter aussi souvent que possible. Pour chacun, tout peut servir de prétexte: un anniversaire, le début dune saison, une bonne nouvelle ou autre chose! Cest fête aussi dans leur coeur lorsquils font un brin de causette avec leurs petits-enfants. «Discuter avec mon petit-fils de 10 ans, je trouve ça extrêmement enrichissant», dit René. Il ajoute préférer les «mélanges» de générations aux rencontres entre gens âgés seulement. «La fraîcheur des jeunes, ça stimule», explique-t-il. Si vous aussi vous aimez la jeunesse, jetez un coup doeil aux activités proposées dans votre journal: certaines sadressent à tous les âges. Il peut sagir de randonnées, de concert, de cours, de conférences sur la santé, sur la culture des plantes ou sur la peinture, etc.
Finalement, Denis confie une autre manière pour lui dagrémenter son quotidien: il consacre une partie de son temps aux autres - cet ancien directeur dusine soccupe bénévolement dune association dindustriels. «Donner maide à être heureux, explique-t-il. Cest donc excellent pour mon moral. Imaginez: en donnant du bonheur aux autres, on en reçoit par ricochet!»
Pour varier les jours, dautres idées en vrac
Virage, Volume 4 Numéro 3, Printemps 1999
L'Association canadienne pour la santé mentale - Chaudière-Appalaches
Site internet: www.acsm-ca.qc.ca Courriel: info@acsm-ca.qc.ca