La maladie d’Alzheimer

Source: Brochure «La maladie d’Alzheimer» produite par la Société Alzheimer du Canada.

Bien que l’Alzheimer ne soit pas considérée à proprement parler comme une maladie mentale parce que ses origines sont principalement organiques, cette maladie cause beaucoup d’inquiétude chez les aînés et leurs familles. Nous publions donc ici le contenu d’une brochure publiée par la Société d’Alzheimer du Canada.

On associe souvent la maladie d’Alzheimer à la vieillesse. Bien que la majorité des Canadiens qui en sont atteints soient âgés de plus de 65 ans, cette maladie peut intervenir plus tôt dans la vie. Peu importe l’âge à laquelle elle frappe, elle est toujours progressive et dégénérative, ce qui signifie qu’elle enlève toute autonomie à des hommes et à des femmes autrefois indépendants.

Les soignants, généralement des proches, doivent faire face à de longues périodes de tensions émotives, financières et physiques. La santé et le bien-être des membres de la famille dispensateurs de soins sont essentiels et deviennent aussi importants que ceux du patient.

Bien qu’on n’ait pas encore trouvé de remède a ce mal nos connaissances à son sujet s’accroissent au fur et à mesure que progresse la recherche, tant biomédicale que sur les soins à donner, et qu’apparaissent de nouvelles données.

Les symptômes

Les premiers signes de la maladie d’Alzheimer sont souvent de subtils changements du comportement. Le sujet peut éprouver des pertes de la mémoire à court terme. Il trouve très stressant de s’adapter à de nouveaux endroits ou à de nouvelles situations sociales. Il lui devient difficile d’apprendre, de calculer, de décider ou de s’occuper de ses finances. Il a de plus en plus de mal à maîtriser ses émotions. La présence de ces symptômes ne signifie pas forcément qu’il s’agit de la maladie d’Alzheimer. Ces symptômes peuvent résulter d’affections curables, telles que la dépression, la malnutrition, la déshydratation, une maladie cardiaque ou pulmonaire, pour n’en nommer que quelques-unes.

C’est pourquoi il est essentiel d’établir un bilan de santé complet. Un diagnostic de la maladie d’Alzheimer s’établit par un processus d’élimination. À l’heure actuelle, la seule méthode infaillible de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer est l’examen posthume des cellules du cerveau.

Effets

La maladie d’Alzheimer touche éventuellement à tous les aspects de la vie d’un individu: sa façon de penser, de sentir et d’agir. Les symptômes varient selon les personnes. Il est difficile de prévoir les symptômes que présentera un individu, l’ordre dans lequel ils apparaîtront ainsi que leur vitesse de progression. Les patients peuvent présenter entre autres les symptômes suivants :

Facultés mentales
La faculté de comprendre, de penser, de se rappeler et de communiquer est atteinte. La personne commence à éprouver du mal à apprendre et à décider. De simples tâches accomplies pendant des années seront oubliées. La confusion et les pertes de mémoire augmentent, bien que l’on puisse conserver encore longtemps la mémoire d’événements anciens. On a de plus en plus de mal à comprendre ce que les gens disent et à se faire comprendre. Éventuellement, tous ces problèmes s’aggravent et l’on perdra aussi la mémoire à long terme. Malgré ces pertes, on conservera la faculté d’entendre, de répondre aux émotions et le sens du toucher.

Émotions et humeur
L’individu atteint de la maladie d’Alzheimer est moins expressif, moins animé et plus renfermé. Il perd peu à peu sa faculté de maîtriser ses humeurs et ses émotions, et ses réactions aux situations peuvent être extrêmes ou inconvenantes. Souvent le sujet se met à soupçonner son entourage et, au fur et à mesure que le mal progresse, il réagit de moins en moins aux gens et à ce qui l’entoure.

Comportement
Les altérations des facultés mentales et de l’humeur entraîneront des changements du comportement. La nature des changements du comportement et leur durée varieront selon les facultés physiques de l’individu. Des comportements déroutants peuvent consister, entre autres à marcher de long en large et à errer, à accomplir des actions répétitives, à cacher des objets, à chercher sans cesse, à poser des gestes violents, à jurer, à s’agiter et à faire des avances sexuelles déplacées. Chacun de ces comportements peut entraîner chez les soignants un stress accru.

Facultés physiques
Le processus de dégénérescence affecte la coordination et la faculté de se déplacer. Il en résulte un affaiblissement de la faculté d’accomplir de façon autonome les activités de la vie quotidienne. La personne souffre éventuellement d’incontinence. Peu à peu, elle devient totalement dépendante.

Théories sur les causes

Personne ne sait au juste ce qui provoque la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs, jusqu’à ce jour, ont été incapables d’en déterminer les causes. La recherche indique que la maladie pourrait provenir d’un virus lent, d’une réaction auto-immune ou d’un déséquilibre biochimique dans le cerveau.

D’autres chercheurs étudient une théorie «amyloïde» voulant que la maladie d’Alzheimer résulte d’un dépôt dans le tissu cérébral d’une protéine anormalement constituée. On a relevé de fortes concentrations d’aluminium dans les cellules du cerveau, mais on ne peut prouver que l’aluminium cause la maladie d’Alzheimer.

On a pu établir un lien génétique, dans la mesure où une forme rare de la maladie d’Alzheimer, dite «familiale», semble être héréditaire. Dans la plupart des cas, cependant, des facteurs héréditaires peuvent intervenir, mais on ignore dans quelle mesure. On effectue des recherches de plus en plus poussées sur plusieurs fronts. Certains scientifiques estiment que cette maladie résulte de causes multiples.

Traitement

Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune thérapie qui puisse inverser ou ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer. Certains médicaments peuvent atténuer les symptômes secondaires, tels que la dépression, l’anxiété, l’insomnie et la paranoïa, bien qu’il faille soigneusement contrôler pareille thérapie.

Il est prouvé que le milieu physique et social où vit une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer peut influer sur les symptômes, de même que la qualité de vie du patient. Un cadre de vie favorable, qu’il s’agisse du foyer ou d’un établissement, permet de compenser le déclin des facultés et de préserver l’autonomie. Les dispensateurs de soins, de leur côté, peuvent rendre les comportements moins pénibles en comprenant l’évolution de la maladie, en se montrant sensibles aux émotions et aux sentiments, et en apprenant à communiquer par divers moyens.

L’importance des soignants

Les soins à dispenser peuvent constituer un lourd fardeau pour les membres de la famille. C’est pourquoi il devient tout aussi important de s’occuper des dispensateurs de soins que du patient. La colère, le ressentiment, la nervosité, la tension, les problèmes d’insomnie, l’inquiétude et le remords sont des réactions normales chez ceux qui ont à soigner des victimes de la maladie d’Alzheimer. Il n’y a pas lieu de s’étonner que les soignants soient plus sujets aux maladies que les non-soignants. Vivre avec une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer constitue un défi, mais nombre de Canadien(ne)s se sont montrés capables de le relever. Ils ont cependant besoin d’information, de soutien et de services, à la maison ou en institution, qui fournissent une aide à court et à long terme.

La Société Alzheimer, par l’intermédiaire de ses sections provinciales et locales, aide les pourvoyeurs de soins à faire face aux ravages de cette maladie en leur dispensant information et appui, en fournissant les services nécessaires et en stimulant et finançant la recherche.

Virage, Volume 2 Numéro 1, Automne 1996

L'Association canadienne pour la santé mentale - Chaudière-Appalaches
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