10 tactiques pour se faire écouter sans crier

Source: Anne-Marie Delisle, psychoéducatrice, Coup de pouce, PARENTS, Octobre 1997.

Un jour ou l’autre on se surprend à crier aux enfants ce qu’on a déjà répété cinq ou six fois calmement. Sous le coup de la surprise, ils s’exécutent. Mais, si la scène se répète, ils finissent par s’habituer à nos cris et ne réagissent plus. Heureusement, il y a d’autres façons de se faire écouter.

Quand la crise est sur le point d’éclater

  1. Observer les signes avant-coureurs. «J’ai les poings serrés, je hausse le ton etc.»
  2. Quand on sent monter la pression, se retirer quelques instants. Changer de pièce, prendre le temps de se calmer et dire: «Attends un peu, laisse-moi quelques minutes pour respirer. J’en ai besoin.»
  3. Essayer de comprendre ce qui se passe en nous. «Suis-je en train de déverser mon stress du bureau sur les enfants? Ce que je lui demande est-il si important? Est-ce vraiment l’attitude de mon garçon qui me met en rogne? Est-ce que je réagis de façon exagérée?
  4. Identifier les déclencheurs. «J’ai l’impression qu’il ne m’écoute pas. J’ai répété la consigne plusieurs fois. Mon garçon rouspète.» En identifiant ce qui nous dérange, on peut prendre des moyens pour intervenir plus rapidement, avant que la situation ne dégénère.

Crier est-ce si terrible?

Il faut faire une distinction entre exprimer ses émotions, sa colère, et perdre le contrôle. Souvent, les gens se sentent démolis et démunis devant la colère d’un collègue ou d’un conjoint. Dans leur famille, exprimer sa colère, ça ne se fait pas, c’est synonyme de destruction. Pourtant la colère est l’expression bien légitime d’un sentiment. Il est important de le faire savoir aux autres quand quelque chose nous déplaît. Et puis, si les enfants n’ont jamais entendu quelqu’un élever la voix, ils seront impressionnés, peut-être même traumatisés, quand ils rencontreront un professeur qui parle fort.

Crier peut être un moyen d’intervention quand on doit saisir un enfant pour lui éviter un danger, l’arrêter parce que son comportement est inacceptable ou attirer son attention. À nous d’utiliser ce moyen avec discernement.

Si on crie à tout moment, l’enfant ne réagira plus. Ne pas oublier aussi que baisser le ton est aussi une façon de l’amener à tendre l’oreille. L’idéal est de ne pas crier, mais inutile de se sentir coupable si on s’est échappé. On a aussi droit à l’erreur, non?

Virage, Volume 4 Numéro 4, Été 1999

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