Le fardeau économique de la maladie mentale dépasse 14 milliards $

Source : Extrait de La santé mentale, ça compte, ACSM, Édition nationale. Vol.3 No.4.

Au Canada, le coût est sous-estimé

Les conclusions d’une récente étude financée par l’Unité de promotion de la santé mentale du Canada révèlent qu’en 1998 le fardeau économique qu’imposent les problèmes de santé mentale - tant ceux traités médicalement que pas - était de 14,4 milliards $. Une étude antérieure, Le fardeau économique de la maladie au Canada, 1993, estima à l’époque que le coût lié aux troubles mentaux au Canada était de 7,8 milliards $. Les auteurs du rapport de la nouvelle étude soulignent que les données sont probablement incomplètes et que le chiffre de 14,4 milliards $ devrait être considéré comme modéré. En vérité, les coûts réels sont probablement plus élevés.

Modéré ou non, le fardeau total de 14,4 milliards $ place les problèmes de santé mentale parmi les plus coûteux des troubles médicaux, au Canada. Ce chiffre inclut les coûts associés au traitement de troubles diagnostiqués, aux médicaments, médecins, hôpitaux et autres établissements, ainsi que le coût de productivité perdue en raison d’invalidité de courte et de longue durée, et de décès.

L’étude révéla également qu’au Canada, le nombre de visites chez un psychologue en 1998 était autour de 2,38 millions, tandis que 1,6 millions de Canadiens signalèrent être en état de détresse sans toutefois être aux prises d’une dépression. Le coût total des visites chez un psychologue, soit pour la dépression ou la détresse, dépassa 278 millions $ en 1998, la valeur totale de temps perdu au travail, payé ou non payé, en raison de dépression et de détresse fut fixée à 6,02 milliards $.

D’après le rapport du groupe d’étude, les constatations « indiquent manifestement que la promotion de la santé mentale des Canadiens s’avérerait un bon investissement qui contribuerait non seulement à prévenir les troubles mentaux mais à réduire le fardeau économique s’y rattachant ». Plus loin, il alerte que le nombre de personnes en état de détresse pourrait possiblement augmenter vu les tendances actuelles en ce qui a trait à la pauvreté de l’enfance, aux disparités de revenu, au travail à temps partiel forcé, au chômage chez les jeunes et au retranchement des dépenses budgétaires destinées à la santé, l’aide sociale et l’éducation.

Virage, Volume 7 Numéro 2, Hiver 2001

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