Êtes vous prisonnier de vos dépendances?

Source: Nicole Dumont, Femmes d’aujourd’hui, Vol. 1 No. 5.

Rares sont les personnes qui peuvent se dire indépendantes: nous avons tous des attentes subtiles ou inconscientes envers la vie et les autres. Mais pourquoi sommes- nous à ce point dépendants?

La meilleure façon de savoir si on dépend d’une chose est de se demander quelle serait notre réaction si on en était privé pour une semaine ou deux. Cette simple réflexion intérieure est un excellent moyen de faire apparaître la vérité et de voir si on est menotté à des dépendances tant affectives que physiologiques.

Les dépendances à effet instantané

Ces dépendances/compulsions sont plutôt d’ordre physiologique, en ce sens qu’elles procurent un soulagement presque immédiat. En voici les principales:

Les dépendances d’ordre affectif

Si nos dépendances concernent notre interaction avec les êtres qui nous sont proches soit par le travail, soit par les liens amoureux ou familiaux, elles sont d’ordre affectif.

On a de telles dépendances:

Le moment de vérité

Évidemment, déterminer en quoi on est dépendant demande un effort d’introspection, et les découvertes que l’on fera ne seront pas toujours plaisantes. La première idée qui nous vient est de tenter de nous débarrasser au plus vite de ces comportements que l’on juge indésirables. Alors on commence à se surveiller, à se contrôler et à se priver. Malheureusement, si cela fonctionne bien un bout de temps, on finira plus souvent par craquer en s’accusant de manquer de volonté. C’est à ce moment-là que s’installe le cercle vicieux.

La cause des dépendances

C’est bien connu, une dépendance est une façon de compenser: on remplace une chose manquante par une autre afin de retrouver un certain équilibre. Cette carence, ou cette chose qui manque, peut-être l’amour, l’attention, l’affection ou l’approbation. Aussi, dès que le manque est profondément ressenti, un inconfort se crée sur le plan émotionnel, inconfort que l’on tente de soulager en se précipitant soit sur la nourriture, soit le sexe, soit en exigeant la présence continuelle de l’autre à ses côtés.

Naturellement, ce processus est rarement conscient, et l’on peut comprendre que le fait de se retenir et de se contrôler augmente la sensation de frustration et d’inconfort. C’est pourquoi il faut réagir avant que les dépendances prennent définitivement le dessus.

Une question d’attitude

Il n’est pas étonnant que nous soyons si nombreux à souffrir de dépendances de toutes sortes, puisque rares sont les personnes qui reconnaissent et acceptent pleinement ce qu’elles sont. Le fait de ne pas se reconnaître sa propre valeur entraîne une souffrance tellement vive qu’on se tourne alors vers les autres pour qu’ils actualisent en quelque sorte cette valeur. On se retrouve à donner beaucoup de soi-même dans l’espoir de se faire aimer et de prouver que l’on est quelqu’un. Aussi, tenter de faire disparaître le symptôme revient à une perte d’énergie considérable. Prenez plutôt conscience de vos dépendances et des situations particulières où elles se manifestent. Et plutôt que de vous traiter de tous les noms lorsque vous succombez, adoptez une attitude aimante envers vous-même, comme vous le feriez sans doute avec votre meilleur ami.

La libération: vivre et laisser vivre

Si vous vous servez un morceau de gâteau sans avoir faim, par exemple, commencez par une petite bouchée en vous demandant ce qui se cache derrière cette subite fringale. Essayez d’identifier ce dont vous avez besoin, ou ce qui vous manque pour être bien. Continuez de développer une attitude vigilante tout en évitant les jugements sévères: c’est seulement par un examen attentif et bienveillant que vous parviendrez petit à petit à identifier la source de votre malaise.

La plupart des gens qui se prêtent à cet exercice réalisent qu’ils ont trop d’attentes irréalistes envers eux-mêmes et que s’ils s’acceptaient tels qu’ils sont, leur vie serait plus agréable, sans cette pression insoutenable qu’ils sont les seuls à s’infliger. À la lumière de ce constat, on finit par comprendre que vivre et laisser vivre peut constituer un merveilleux passeport pour la libération intérieure.

À moins dépendre des autres, on se détache de ce qu’ils pensent de nous. En ne cherchant plus la perfection à tout prix, on augmente l’amour et l’estime de soi, on est davantage en mesure de répondre à nos besoins plus légitimes et, en prime, on se fait plaisir!

Rappelez-vous que vous êtes le seul maître de votre vie, et que vous avez le pouvoir et le devoir de répondre à vos besoins réels puisque vous êtes la personne la mieux placée pour le faire. Ainsi comblée, ainsi libérée de vos dépendances, vous en viendrez à considérer les attentions des autres comme des cadeaux et non plus comme des nécessités.


Cet article est accompagné par:
Êtes-vous dépendant? - Questionnaire

Virage, Volume 4 Numéro 4, Été 1999

L'Association canadienne pour la santé mentale - Chaudière-Appalaches
Site internet: www.acsm-ca.qc.ca    Courriel: info@acsm-ca.qc.ca