Source: Extrait. Formation sur l'estime de soi, CAP Santé Outaouais, Édition internet, www.meteo-mentale.org
Tout le monde a le désir de plaire et d'être aimé. Par contre, chez certaines personnes, le désir de plaire est tellement fort qu'elles ont l'impression que c'est un besoin fondamental, comme manger et boire.
Comme personnes poussées par le désir de plaire, le désir d'éviter la désapprobation colore énormément nos vies. Nous nous surprennons à accepter des tâches supplémentaires ou des invitations que nous préfèrerions éviter. Un nombre élevé de nos décisions est basé sur ce que penseront les autres si nous refusons.
Il y a, en chacun de nous, une peur du rejet excessivement douloureuse. Une fois adultes, nous sommes capables de tolérer la désapprobation et le rejet, et d'avoir quand même une vie remplie, riche et merveilleuse. Mais à nous voir aller, nous, les personnes poussées par le désir de plaire, on croirait que le rejet ou la désapprobation aura pour effet de provoquer chez nous une mort instantanée.
Les gens nous trouvent charmants! Nous ne créons pas de conflits. Nous sommes d'accord. Nous travaillons fort. Nous coopérons. Nous consolons, comprenons, donnons, réconfortons et sourions.
Ce qui est moins agréable, c'est le prix que coûte cette personnalité universellement plaisante. Nous travaillons tellement fort pour plaire que, souvent, nous ne vivons pas la vie qu'on voudrait vivre. Nous respectons les besoins du monde entier, mais pas les nôtres. Tous les autres passent en premier.
Tôt ou tard, nous en venons à avoir de la rancune envers les personnes à qui nous avons tant cherché à plaire. Nous nous sentons exploités et peu appréciés. Il nous arrive d'être hostile envers nos compagnons de vie et les autres membres de la famille à cause d'émotions refoulées. Nous avons «tout fait» pour notre prochain, mais lui n'a rien fait pour nous ou, du moins, pas autant!
Parfois, la colère que nous éprouvons est refoulée très profondément et se change en dépression. C'est habituellement parce que nous trouvons toujours impossible d'exprimer de la colère ou de risquer la désapprobation. Nous nous réfugions dans la «crise de rage silencieuse» qui peut se transformer en dépression.
Les charmeurs ressemblent à ceux qui veulent plaire, en ce sens qu'ils détestent être rejetés. Mais ils vont encore plus loin: ils recourent à leur charme pour s'imposer dans des situations ou pour s'en sortir. Ce sont de merveilleux manipulateurs. Ils ont cependant un côté positif: les charmeurs font d'excellents vendeurs, acteurs et directeurs de relations publiques.
Les charmeurs ont habituellement du succès auprès du sexe opposé. Souvent ce sont des enfants qui ont grandi en se prenant pour des princes ou des princesses. Pour le charmeur, le monde existe pour le servir. Il aime sincèrement la plupart des gens, et la plupart des gens l'aiment.
Cela semble merveilleux, n'est-ce pas? Mais il y a un piège. Le charmeur développe souvent une façade si brillante que la vraie personne à l'intérieur n'arrive jamais à développer son estime de soi. La confiance en soi et l'assurance qu'il dégage ne sont qu'une façade. Il a trouvé ce truc tellement efficace, enfant, qu'il a passé tout son temps à améliorer l'apparence plutôt que d'améliorer le produit.
Pour les charmeurs, la nécessité de camoufler continuellement est le prix à payer. Cacher ses imperfections au reste du monde devient un travail à temps plein, et malgré tous les efforts déployés, l'estime de soi en souffre.
La vie d'un charmeur n'est pas facile, même si elle le semble auprès de son entourage. Elle est pleine de frustrations.
Les personnes «dépendantes» ont décidé durant leur enfance que leur vie est entre les mains des autres. Elles souhaitent que leur famille les remarque, les aime, les inclut et les rende heureuses.
Une personne dépendante se sent misérable lorsqu'on la rejette. Elle considère le rejet comme une preuve du fait que son bonheur dépend des actions des personnes de qui elle veut être aimée. Elle essaie encore plus fort de se faire aimer. Elle utilise tous les trucs inimaginables pour se gagner leur affection. Elle travaille sans relâche à les manipuler.
Si être gentille et charmante donne les meilleurs résultats, elle sera gentille et charmante. Si la maladie est plus efficace, elle sera malade. Si piquer des colères force les gens à la remarquer, elle polira son habileté à piquer des colères. Son but est de forcer les gens à lui prêter attention et à reconnaître son importance. Si elle doit souffrir pour y arriver, elle souffrira.
Les gens dont la priorité est de réussir croient habituellement qu'ils n'ont de valeur que lorsqu'ils ont du succès. Une fois qu'ils ont réalisé quelque chose, ils se mettent en quête d'autres choses à accomplir. Le processus n'a jamais de fin. Les fonceurs se forcent à réussir et accomplir, au risque de leur santé.
Les fonceurs trouvent difficile de rester assis à regarder la télévision. Ils préfèrent faire le repassage, polir leurs souliers ou brosser le chien tout en suivant ce qui se passe à l'écran. Faire deux ou trois choses en même temps exalte le fonceur. Les vacances, c'est l'enfer pour lui, à moins qu'il puisse visiter l'île entière et voir toutes les attractions touristiques, avant d'aller répéter le processus ailleurs.
Les fonceurs ne s'occuperont peut-être pas de leurs relations parce qu'ils sont trop occupés. Si deux fonceurs se marient, ils ne se verront presque jamais. Tous deux ont un agenda rempli d'activités importantes.
Les plaintes d'un fonceur sont habituellement reliées à l'épuisement. Il aura peut-être envie d'un ou deux jours de congé, pour découvrir ensuite qu'il occupe ces jours-là à nettoyer le garage ou à semer un jardin de légumes.
Les soignants s'occupent toujours activement d'aider les gens. Ils soignent leur petite famille et leur conjoint. Ils se lèvent tôt, préparent le petit déjeuner et s'organisent pour que tout le monde soit heureux.
Les gens qui s'engagent beaucoup socialement sont presque toujours des gens heureux. Prendre soin des autres semble les garder remplis d'enthousiasme pour la vie. Ils sont visiblement heureux de participer aussi activement à la vie des autres.
Il ne se réservent habituellement pas de temps pour eux seuls. Leur horaire ne prévoit aucun moment libre. Ces personnes se sentent souvent coupables de faire quelque chose dont elles ont envie. Elles sont convaincues, souvent dans l'enfance, qu'il faut aider les gens même quand on n'en a pas le goût.
Source: Lestime de soi, matériel danimation, ACSM-CA
Fuir la désapprobation et le rejet, cacher ses imperfections au reste du monde, forcer les gens à nous prêter attention et à reconnaître notre importance, risquer sa santé pour réussir, se sentir coupable de faire quelque chose pour soi sont des comportements qui dénotent une faible estime de soi et exposent à la frustration.
On ne naît pas avec une estime de soi bonne ou mauvaise. Lestime de soi dun enfant se construit peu à peu à partir de ses expériences et de ses relations avec des personnes significatives. Une attention particulière doit être apportée au renforcement de cinq sentiments qui supportent le développement dune estime de soi positive:
Mais, il nen demeure pas moins que lestime de soi est un concept dynamique qui se modifie au fil des expériences de vie. Certaines circonstances, comme un échec amoureux ou un échec professionnel, peuvent mettre à lépreuve notre estime de nous-mêmes tout comme une réussite, une rencontre intéressante, des encouragements, des félicitations et des compliments fréquents peuvent la renforcer considérablement.
Virage, Volume 8 Numéro 2, Hiver 2002
L'Association canadienne pour la santé mentale - Chaudière-Appalaches
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